Quelques notes éparses pour permettre peut être à certains d’avoir des pistes pour aller plus loin à partir de ce que Jacques Caplat a dit, entre autres choses.

Dans le désordre..

Dans l’Union européenne il n’y a pas ou plus de savoirs sur les cultures associées il faut tout réapprendre avec la simplification des cultures, allant même jusqu’aux monocultures (maïs) et rotations courtes La permaculture permet des rendements extraordinaires tout au moins sur des surfaces restreintes (le cas exceptionnel du Bec Hellouin n’est pas généralisable) www.changeonsd’agriculture.fr

Un constat Il y a des freins techniques, économiques et psychologiques à la reconversion vers la bio de la part des principaux acteurs et on les comprend, c’est leur vie et leur survie qu’ils engagent avec les questionnements légitimes suivants :

  • Peur du rendement bas
  • Je ne vais pas y arriver
  • Est-ce que je vendrai ma production ?
  • Est-ce que je gagnerai ma vie ?

C’est pourquoi il faut davantage aider les agriculteurs à changer en les accompagnant que les blâmer de polluer.

Avant Stéphane Le Foll, au ministère de l’agriculture, les aides pour le bio étaient distinctes, depuis les fonds destinés à la bio sont intégrés dans une enveloppe globale et peuvent être utilisés pour d’autres mesures agro-environnementales. Ainsi des centaines d’agriculteurs attendent depuis deux ou trois ans les aides auxquelles ils ont droit. Certains sont au bord de la faillite.

Des pistes pour aider

Il faudrait rééquilibrer les cotisations sociales, en effet, actuellement c’est la mécanisation qui est aidée. Pour 1 € d’achat de matériel il y a 50 centimes de subvention par contre pour 1 € d’ouvrier agricole il y a 1 € de charges sociales, c’est donc bien la mécanisation qui est subventionnée au détriment de la main d’œuvre alors que la bio demande davantage de main d’œuvre et qu’il y a plus de 3 millions de chômeurs. Il faut arrêter de faire passer les cotisations sociales uniquement sur le travail. Il faut aussi revaloriser le travail de l’agriculteur et pouvoir lui permettre de partir en vacances.

Des perspectives, des études, des propositions

Sur le modèle du scénario NégaWatt il y a le scénario « Afterres 2050 » qu’on peut trouver sur internet. Deux objectifs important pour favoriser le développement de la bio Alléger les charges sur le travail et redéfinir l’orientation de la PAC, ce qui sera difficile. L’opinion est prête pour cette évolution. D’après une enquête de « Agir pour l’environnement » 90 % des Français sont d’accord pour aller vers l’agro-écologie et 86 % sont pour l’interdiction des pesticides en 2025.

Une expérience prometteuse : Pascal Poutu a réussi à acclimater des tomates qui poussent presque sans eau. La science au service de l’agriculture : Importance, par exemple, des mycorhizes dans cette nouvelle agriculture qui fait appel à des notions scientifiques très pointues combinées à des savoirs faire traditionnels, ajoutées à la passion des gens de la terre qui ont un savoir et une expérience extraordinaire des phénomènes agricoles.

Le soleil est un formidable « engrais » pour les cultures aussi est-il aberrant de voir le soleil de juin briller sur un sol nu car désherbé chimiquement entre des rangs de maïs qui commencent à pousser. Il y a toujours plus de rendement en cultures mélangées mais cela demande plus de main d’œuvre. Il faut une agriculture adaptée au milieu.

Toutes les variétés de blé au catalogue sont des descendants de « Noé » (du 19e siècle) autant dire qu’il y a très peu de diversité génétique.

Des précurseurs

La démarche systémique (pas de cultures seules, pas de réductionnisme) dont la base est la physique quantique a été proposée au début du 20e, en Europe, par des précurseurs dont Rudolf Steiner (la biodynamie et l’anthroposophie) Lire Sir Alfred Howard qui a écrit en 1940 « Le testament agricole ». Ehrenfried Pfeiffer a défini la bio : « Fécondité de la terre » (1938) réédité chez Actes Sud. Supprimer la chimie ne suffit pas, il faut entrer dans une démarche systémique pour la réduire drastiquement ,comme le proposent l’agro-écologie, qui n’exclut pas totalement la chimie et voire exclure la chimie comme en permaculture qui est un courant puriste de la bio (voir Fukuoka)

Comment peut-on permettre aux agriculteurs de changer ?

C’est paradoxalement plus difficile dans l’Union européenne parce qu’on compare les rendements de la bio et du conventionnel en étudiant les cultures de variétés prévues pour la chimie. Alors qu’en Afrique le PNUE obtient 110% de rendement en bio. NB : Aux USA, les grandes cultures en bio ont des rendements très proches de l’agriculture conventionnelle voire supérieurs en année de sécheresse. Mais les rendements moyens américains et africains sont nettement plus bas que les européens, donc les chiffres sont exacts mais le commentaire est à modérer. L’avantage du bio en Afrique est qu’il ne nécessite pas d’intrants chimiques, qui sont importés, les sols sont mieux préservés de l’érosion, la pratique des cultures associées, familière, et la main d’œuvre agricole est souvent sous-employée. Dans le monde 79 % de plus en bio sur 37 millions d’hectares.

Adabio, association pour mettre en lien les aspirants à la bio.